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Le Sénégal oriental : Kedougou

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Le Sénégal oriental : Kédougou

Lundi 23 septembre

Neuf jours que nous ne vous avons pas laissé de nouvelles. Mais la semaine écoulée a été riche en péripéties.

Nous devions partir le lundi 16 dans l’Est du Sénégal, mais nous n’avons pas pu avoir de billet. Nous en avons profité pour améliorer le site et si vous regardez le guide vous verrez que plein de nouvelles fonctionnalités et publicités ont été installées.

Désormais Newsroads est un outil performant pour préparer et organiser vos vacances.

Toujours plus de conseils et d’informations, vous pouvez réserver directement vos billets d’avion ou votre chambre d’hôtel et préparer votre budget grâce à un convertisseur intégré avec plusieurs monnaies.

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Pour revenir à notre semaine passée, nous avons rencontré Dédé, personnage haut en couleur qui mérite d’être connu.

C’est JP notre ami de Ngor qui nous l’a présenté lorsque nous sommes allés passer la journée de dimanche sur l’île.

Dédé a créé une association depuis 28 ans et travaille dans l’humanitaire. Il ramène des autobus et toute sorte de matériel. Il permet ainsi d’améliorer le quotidien de nombreuses personnes à Dakar et aux environs.

Il est déjà reparti en France pour constituer un nouveau convoi et redescendre sur le Sénégal d’ici trois mois.

Nous continuons la prospection pour nos projets et mardi comme de coutume nous sommes allés rendre visite à Marie-Louise et Lamine en compagnie de Jean-Pierre.

Ces visites sont toujours aussi fascinantes et les tranches de vie que nous racontent nos hôtes  nous laissent toujours pantois.

 

Avec eux tous les mardis nous revisitons  l’histoire du Sénégal que nous commençons à connaître assez bien.

 

Nous sommes donc partis mercredi soir pour Kédougou en bus climatisé le voyage a été long mais agréable.

Départ 21 heures pour 12 heures de trajet ; trois arrêts pipi ; avant de traverser le parc Niokolo koba au petit jour.

Nous étions placés juste derrière le chauffeur, ce qui nous a permis de voir des singes par dizaines traversant la route.

Bien sûr à chaque fois, le temps de sortir la tablette ou l’appareil photo, ils étaient tous barrés.

Ibrahima que nous avions connu il y a 10 jours au CVD, nous a reçu chez lui pendant ces quatre jours.

Nous avons passé des moments formidables en sa compagnie ainsi qu’avec son ami Omar un Américain de Détroit venu passer quelques jours au Sénégal.

Nous avons découvert la région et pu vivre des moments fabuleux, en particulier vendredi et samedi.

Kédougou se trouve à l’extrême Est du pays à 80 km du Mali et 50 km de la Guinée. Là-bas tout est très vert et luxuriant surtout en cette période d’hivernage.

Cette province est vallonnée, presque montagneuse, les pistes difficilement praticables.

Nous nous sommes régalés pendant deux jours. Le chauffeur d’Ibrahima était malade, je me suis donc proposé et c’est moi qui ai drivé ce petit monde en 4×4.

Vendredi 80 km de pistes aller, plus 80 km de pistes retour, dans un cadre incroyable, et des conditions dantesques.

3 km après avoir quitté la nationale qui mène au Mali nous avons vécu une situation assez pittoresque.

Imaginez une piste de latérite rouge avec des trous énormes des flaques d’eau immenses, entourée d’une végétation abondante d’un vert intense.

Au loin des voitures arrêtées, on se rapproche doucement et on descend du véhicule. Spectacle incroyable un camion citerne de 40 t, un autre chargé comme une mule et une 505 sont complètement embourbés jusqu’à la carrosserie.

Avec Sonia on n’en revient pas nous n’avions vu ça qu’à la télé auparavant. Des dizaines de voitures et de camions sont stoppés dans les deux sens et la situation paraît inextricable.

Trois militaires sont présents pour essayer d’organiser le dépannage.

Tout le monde est sur le pont certains coupent des branches, les autres essayent de désembourber la 505 cinq en la soulevant, mais rien n’y fait, elle est littéralement collée au sol par le mélange eau et latérite.

Beaucoup palabrent et gesticulent. La scène est haute en couleurs – c’est l’Afrique – On se demandent si l’on va pouvoir passer.

Il y a un passage entre la citerne et la 505, je pense pouvoir passer mais avant je demande l’avis d’un militaire qui me recommande de m’écarter au maximum de la citerne.

Après avoir disposé de nouvelles branches je m’avance lentement, puis décide d’y aller.

Sans mettre le 4×4 ni même le crabo je suis passé comme une lettre à la poste – merci Mitsubishi – nous avons continué encore plus de 70 km avant d’atteindre le village où nous étions attendus à la frontière malienne.

Le campement avant les chutes

Les six derniers kilomètres étaient incroyables, ce n’était plus le Paris-Dakar mais le Camel Trophy, les anciens s’en souviennent sûrement.

Enfin nous sommes arrivés à Léfako à 13h30 pour la cérémonie de circoncision à laquelle nous devions assister, après nous être arrêtés acheter du savon à Khossanto.

C’est un village de cases traditionnelles avec des toits en chaume et des murs en bambou et torchis, ils sont complètement isolés et coupés du monde.

Seul moyen de communication des motos chinoises arrivées par le Mali que la police s’empresse de confisqués quand les villageois s’aventurent en ville.

L’or que l’on trouve depuis quelques années dans la région a permis à quelques uns de construire des habitations et d’améliorer le quotidien.

Pour nous européens c’est presque le Moyen Âge ; les familles sont regroupées en Kunda, séparées par des clôtures en bambou tressé.

La Kunda du chef de village est la plus importante, de nombreuses cases entourent sa hutte.

Beaucoup d’enfants courent partout dans tous les sens au milieu des motos, des moutons, des ânes, des poules.

Nous entrons dans une cour ombragée, on dit bonjour à tout le monde, on aperçoit quelques dents en or – c’est marrant – certains sont allongés sur des paillasses en bambou, surélevées.

Au fond des hommes ont égorgé une vache pour la fête.

4 enfants de cette famille, ont été circoncis ce matin là, il y en a eu 34 dans tout le village.

On a vu plus de cent garçons se faire circoncire certaines années – Incroyable – Ils sont en blanc dans une pièce, allongés sans oser bouger. Ils ont entre 4 et 10 ans, ils ont chaud et mal. L’un d’entre eux se risquera vers 16 h à aller faire pipi.

Imaginez la scène ! 34 gamins à la queue leu leu pour se faire couper un bout, le dernier ne doit pas être fier après avoir entendu brailler ses collègues avant lui !!!

Lefako

Me concernant, je pense que je n’aurais pas aimé du tout …

D’autres sont en vert

On nous a amené un gros morceau de barbaque, sur un mini barbecue avec 3 petits malheureux bouts de charbon.

La Kounda du chef de village

Sonia a eu le temps de faire un tour de village avec Ibrahima et Nek, avec Omar (l’américain de Détroit) nous sommes restés à nous prélasser à l’ombre, sur des chaises en bois typiques, en observant ces gens vivant ensemble dans une grande précarité et un manque d’hygiène total.

À des années-lumière de ce que l’on peut vivre en Europe ou dans les pays occidentaux.

Ce qui me frappe surtout :

–       cette nonchalance permanente

–       cet immobilisme omni présent

font que le temps n’a pas d’emprise sur eux.

Mais tout se réveille quand arrivent les « grillots », ici – des femmes – font le tour du village en chantant et en dansant.

Ils ont sacrifié une vache

 

Bon appétit

 

 

 

 

 

Des prières pour l’abondance des cultures mais surtout depuis quelques temps pour l’abondance de l’or.

La fièvre a touché toute la région et les gens creusent partout.

Dans le village l’un d’entre eux a trouvé 1 kg d’or il n’y a pas si longtemps, sa vie a changé complètement.

Mais il reste là pour l’instant car il espère en trouver encore et encore.

Les 4 circoncis

Nous avons repris la route vers 17 heures afin de faire les 80 km de pistes avant que la nuit ne tombe.

Nous avons rejoint la nationale, pile poil au moment où le soleil se couchait. Sans encombre mais heureusement car je commençais vraiment à en avoir marre après 3h30 le matin, les heures de conduite de l’après-midi ont été difficiles.

Arrivé à Kédougou – 20h30 –

Une seule envie d’une bonne bière, une demi-heure de détente et une douche.

Puis nous avons passé la soirée à faire plus ample connaissance avec Oumar, Omar, et Ibrahima.

Nous avons passé une super soirée en abordant de nombreux sujets

– philosophie – histoire – réalité – culture – agriculture –

Il faisait bon et aucun moustique.

La nuit fût bonne également grâce à un bon ventilateur.

Ceux là sont en vert

La fièvre de l’or s’est emparée de l’est du Sénégal

 


Samedi 21

Dans un premier temps nous sommes allés sur mine artisanale, exploitée par un village ayant la concession de l’espace pour amener un générateur.

Waouw quand vous arrivé là vous restez scotché.

Ils travaillent comme au 19 eme c’est le far west regardez les photos c’est mieux.

Les chercheurs d’or du Sénégal première série

Puis après un passage éclair à la maison, nous avons pris la route opposée de la veille pour rejoindre les cascades de Dindé Felo.

En sortant de la ville il y a eu un contrôle routier. Ne pensant pas conduire pendant ces 4 jours j’ai laissé mon permis à Dakar dans Charly.

Donc léger problème, je me gare et nous allons munis de mon passeport pour sûrement négocier.

Un sergent chef balaise est assis dans son 4×4 pick up bleu marqué « gendarmerie »

Un sergent à ces côtés.

Bonjour, explications palabres, morale, mais il veut immobiliser le véhicule. Il me demande :

–       « Si cela arrive en France, que se passe-t-il ?

–       Monsieur nous avons un récépissé de contrôle et avons 48 h pour présenter le permis».

Le flic est un peu déstabilisé et dans le même temps je me rappelle que j’ai mon ordi dans la voiture, nos papiers y sont scannés.

« Attendez monsieur le policier je peux vous présenter mon permis sur l’ordi !

–       Vous allez me présenter un permis numérique ?

–       Hé oui !!! On innove, après le visa biométrique avec photo que l’on a découvert début juillet à Dakar, le permis numérique à Kédougou ».

Sans lui laisser le temps de dire ouf, je file cherche mon mac que Sonia avait déjà dans les mains, ayant entendu la conversation.

Le gars ne pouvait plus rien dire, et nous a laissé repartir sans pouvoir nous prendre 1000 Fcfa.

La route jusqu’aux cascades de Dindé Felo a été longue et très très très difficile.

Avec des flaques d’eau énormes que dis-je des flaques, des lacs au milieu de la piste la voiture est inondée jusqu’à moitié roue, et quand j’aborde la première marre avec l’accord d’Ibrahima des gerbes d’eau jaillissent sur les côtés.

Puis j’ai pris la mesure de la voiture et du terrain en abordant plus doucement les obstacles.

Je vous assure c’est impressionnant, nous avons croisé un « car rapide » au seul endroit où nous avons dû mettre le crabo.

Le fromager gardien du temple

Bien entendu tous les passagers étaient descendus du bus, nous les avons laissé passer et continué notre route.

Cette piste nous a mené tout droit à un endroit magique.

On a progressé lentement vers la montagne, beaucoup de verdure de végétation et de cultures.

Et toujours cette piste rouge collante au milieu.

On passe le poste frontière de la police sénégalaise, personne … on prend a droite en direction des cascades.

Si vous filer tout droit c’est la Guinée.

Encore quelques  km assez difficile et nous nous garons dans un petit établissement avec quatre bungalows.

Construit avec des matériaux locaux l’endroit est charmant.

On part direct pour les chutes. La petite montée est super sympa. Le parcours de 20 minutes, s’enfonce doucement dans la forêt

Des lianes, des arbres gigantesques, beaucoup d’ombre, de l’humilité, des cris de singes et d’autres bestioles accompagnent nos pas.

Avec ma doudou on est comme des gosses.

Tout simplement émerveillés.

100 m avant les chutes. Un géant d’Afrique se dresse immense et majestueux.

Il semble être le gardien de ce lieu sacré.

C’est un Fromager, il produit de grosses graines renfermant une matière entre le coton et le duvet d’oie.

Je suis sur que l’on pourrait utiliser cela dans le textile ou l’habillement.

Puis le bruit de l’eau se fait de plus en plus fort et en se donnant la main on découvre ensemble ce cadeau de la nature.

Immense

Une gigantesque cathédrale naturelle se dresse devant nous et crache un jet d’eau continuel.

Au pied, une grande marre que j’ai traversé pour rejoindre Sonia sous les cascades où elle était arrivée en longeant la paroi.

Moment génial que nous n’oublierons jamais.

Une eau pure et rafraîchissante dans cette ambiance chaude et humide.

Toutes les photos du site et la localisation ici

Vraiment nous avons super apprécié l’endroit. Ici c’est bien un endroit Newsroads où l’on a laissé notre trace puisqu’en revenant nous avons parlé de bio digestion en regardant des vidéos avec le gérant du campement.

Vraiment super campement, que le « campement le dogon du fouta » pour 4000 Fcfa vous y passez la nuit

Il était épaté et partant pour en faire un.

Nous sommes retournés sur Kédougou juste avant un super orage.

Le dos en compote après deux journées sur les pistes, nous nous sommes couchés à deux heures du matin après avoir refait le monde en compagnie de Oumar et Ibrahima.

Après une grosse averse tropicale nous sommes allés voir l’adjoint au maire

Sa réaction a été exactement la même que celle de toutes les autres personnes que nous avons rencontrés auparavant quand on leur montre les produits et les techniques que l’on veut développer.

Les chutes de Dinde Fello

Fermement décidé à adhérer à notre concept.

Inch’allah.

Nous avons pris un dernier repas avec nos amis, mais avant de reprendre le bus nous sommes passés par le fast-food du centre-ville, pour faire un coucou à Aziz et ses frères, qui essayent de bien travailler et de progresser.

Si vous passez par Kédougou un stop chez eux est obligatoire ils le méritent.

J’ai oublié de vous parler du campement Betik, là encore un endroit très sympa, au bord du fleuve Gambie, on y a pris un verre le premier soir au crépuscule. Ils ont des bungalows très confortables, et le site mérite le détour.

La vue de la terrasse du bar est un écran panoramique géant de cinéma naturel.

Le voyage retour, contrairement à l’aller qui s’était très bien passé, a été un peu moins agréable, puisque la clim était en panne, pour cela nous avons fait 100 bornes avec la porte latérale du milieu ouverte où nous avions choisi de nous asseoir, à certains moments on se croyait en moto sans casque. Je vous assure on a quand même rigolé un peu.

Mais le chauffeur a fermé cette aération géante avec la nuit par mesure de sécurité.

Et là ! Je vous dit pas comment on a eu chaud pendant tout le voyage.

En plus Doudou malade, des gens en colère, je vous rappelle que comme d’hab on est les seul « Toubab ».

Parce que même si Sonia est Martiniquaise, ici c’est une « Toubab » comme moi.

Donc une nuit d’enfer, arrivée Dakar 5h30 du matin, on s’est couché en arrivant.


Lundi 23

À 11 H quand j’émerge, les bio-digesteurs que j’avais confiés à Tyson, un employé du CVD sont en piteux état.

Il n’a rien fait, juste ramené un sac de fumier.

Depuis hier il me prétexte une rage de dent, qui est sûrement vrai mais pas depuis mercredi après midi.

Je les ai remis en route je pense que c’est bon et j’ai pris le temps de vous écrire et de vous raconter ces 4 jours superbes avec des gens charmants dans un très bel endroit.

La prochaine fois promit on passe au pays « Bassari » qui ne se trouve pas loin.

On vous prépare les photos

Gros bis

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L’hivernage au Sénégal

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L’hivernage au Sénégal

Mardi 3 septembre 2013

Avec mes bio digesteur

Je suis le plus heureux des hommes, j’ai retrouvé ma doudou depuis samedi soir, la vie est belle.

D’ailleurs le soleil est revenu depuis dimanche, nous réactivons un peu tous nos contacts afin de réamorcer les projets et tout ce que nous avions entrepris jusqu’à présent.

Dimanche était consacré aux retrouvailles et au repos.

Hier c’était rangement et ménage.

Elle nous a ramené un super ventilateur pour Charly, – bon !!! Un peu gênant mais c’est vrai que le soir c’est bien agréable.

Nous reprenons doucement nos habitudes aujourd’hui, nous sommes allés visiter nos deux grands personnages que sont Marie-Louise et Joseph en compagnie de Jean-Pierre.

C’est toujours très agréable de passer un moment avec eux et revivons de grands moments d’histoire de ce pays à chaque fois qu’ils abordent leur passé.

On s’est consacré également à la photo et au site Newsroads et ce soir nous allons tester les brûleurs pour le bio gaz.

Cet après-midi nous avons fait la connaissance de Amenda la compagne de Philippe, c’est elle qui fabrique les Jus locaux que nous buvons CVD.

–       Bissap

–       Bouiye

–       Ditakh

–       Made

–       Gingembre

Elle fabrique ses jus  comme le faisait sa grand-mère, elle y ajoute quelques petits secrets. Et cela donne un résultat formidable.

Il faudra les goûter si vous allez au Sénégal à Dakar.

Nous lui avons proposé, de faire des vidéos, avec ses recettes, que l’on diffusera sur le site – page hébergement restauration du Sénégal

Maison de la culture à Dakar

Cela lui donnera une visibilité supplémentaire, animera et personnalisera complètement notre site.

Cette semaine nous avons pas mal de boulot, Sonia doit classer toutes ces photos, car nous préparons un blog exclusif pour elle d’ici quelques temps.

Ce week-end au Sénégal il y a eu un petit séisme politique, notre ami le ministre de l’écologie a changé de portefeuille, et le président de la république a nommé un premier ministre femme. C’est la deuxième fois dans l’histoire du pays.

Des réformes sont engagées et la coupure avec l’ancien « régime » semble claire et nette mais pour combien de temps. Un ministère du plan a été créé, ce qui pourrait donner un peu plus de visibilité et de lisibilité à des projets futurs.

J’espère que la vidéo que nous avons mise en ligne sur le bilan de notre parcours après un an vous a plu, c’est vrai que jusqu’à présent nous avons vécu des moments formidables et très intenses autant que simples et authentiques.

Nous sommes heureux et allons essayer de vous le faire partager au maximum carpe diem.


Lundi 9 septembre 2013

Depuis la semaine dernière il pleut abondamment tous les jours.

La circulation est très difficile il y a des inondations partout (voir www.dakaractu.com du jour). De grands travaux d’assainissement sont en cours mais le réseau est très ancien et mal entretenu. En fait pendant le ramadan et maintenant pendant l’hivernage tout est au ralenti.

 

On fait chauffer de l’eau

Au Sénégal, La pluie rythme le quotidien.

La distribution d’énergie et d’électricité en particulier, les communications et les télécommunications dépendent énormément des variations climatiques.

Les rues inondées par exemples sont un bon prétexte pour les taxis afin d’augmenter les tarifs, ils prétextent les axes bouchés, pour demander 500 ou 1000 F cfa supplémentaires.

L’humidité est partout mais pour l’instant nous ne la ressentons pas trop avec Charly nous sommes assez bien protégés.

Avec l’eau, bien entendu la nature reprend ses aises et la verdure envahit les vieilles maisons les jardins et la campagne alentour.

Les arbres ont doublé de volume et les herbes et broussailles colonisent le moindre espace de terrain.

En Afrique le temps qui s’écoule est moins important que le temps météorologique.

Cette semaine ma doudou a du mal à récupérer de son périple de trois semaines mais ça commence à aller mieux.

Nous avons pas mal bossé sur le guide nous avons ajouté des partenaires (Amazon pour ne pas le nommer en premier lieu) et des publicités notamment des références de livres sur la partie Espagne.

Toujours côté pub un lecteur MP3 qui vous donne les dernières tendances du moment vous pouvez lire nos aventures et écouter de la musique tendance.

Ça c’est ici sur les pages tour du monde, partie gauche

J’ai trouvé ça marrant !!!!!!!!

Bientôt du nouveau également pour Sonia nous travaillons sur un projet que nous allons mettre en œuvre dans peu de temps.

Production de gaz

Ha ! Ha ! Surprise Patience.

La même patience qu’il vous a fallu pour mais expérience sur la bio digestion.

Nous y avons travaillé, et aujourd’hui, on vous annonce :

Oyez ! Oyez ! Braves gens …

Hier soir en présence de Mathieu, Omar, Gilbert, Sonia et moi-même un brûleur est resté allumé 31 minutes.

Cette semaine nous avons décidé d’améliorer le stockage de gaz en ajoutant une réserve dans une chambre à air de camions autour du baril.

– bientôt les photos de la mise en place

Encore une nouvelle étape de franchie, les Bio digesteurs suscitent de plus en plus, intérêt et curiosité.

Nous ne regrettons pas notre pause sénégalaise durant l’hivernage.

Il est vrai que cela coupe un peu notre élan pour notre tour du monde.

Mais cela nous permet aussi d’acquérir de l’expérience de connaître plus en profondeur les rouages, le fonctionnement, les mécanismes de la société sénégalaise, de parcourir le pays.

Nous faisons ainsi l’apprentissage de l’Afrique, cela nous permet également de passer l’hivernage sans trop de problème, car vu les inondations au Mali, au Niger par exemple, je pense que nous aurions eu de grandes difficultés pour avancer sur notre parcours.

Il est plus que difficile de circuler en Afrique Noire équatoriale pendant la saison des pluies.

Nous avons stocké plus de 30 mn de gaz dans une chambre à air

De plus Dakar offre une situation centrale au Sénégal ce qui me permet de faire des expéditions dans toutes les provinces en revenant au CVD où nous avons nos habitudes désormais.

Nous en profitons également pour promouvoir un maximum le développement durable, initier des projets, et agrandir notre réseau.

Rencontre avec le président d’honneur de l’association les amis de la nature grâce à notre ami Cheikh Diane.

Cette association est active dans l’environnement et le développement durable depuis 30 ans ils ont de nombreux contacts au niveau du gouvernement et nous pouvons avoir des synergies avec eux.On avance doucement !!! Vous savez nous sommes au Sénégal mais on avance quand même.

On vous embrasse bien fort à très bientôt.


Samedi 14 septembre 2013

Semaine fructueuse et intéressante à plusieurs titres.

Le président d’honneur de l’association des amis de la nature au Sénégal

Tout d’abord nous avons mis en place une chambre à air autour d’un des deux bio-digesteurs et nous avons réussi à la remplir en 2 jours et demi.

Nous allons continué à la remplir jusqu’ à lundi, afin qu’elle contienne un max de réserve.

Puis, je contrôlerai la quantité avec mon gonfleur.

On laissera tout ça en standby jusqu’à vendredi, parce que normalement nous partons lundi en fin d’après midi à Kédougou à l’Est du Sénégal, pas loin des frontières Malienne et Guinéenne.

Pour cela on va se taper 12 h de bus de nuit, parce que nous laissons Charly à Dakar, pour plusieurs raisons.

Nous voulons tester les transports sur les longues distances pour vous raconter ça et en parler sur le guide, mais en plus en cette saison,  je préfère que ce soit le bus qui s’embourbe plutôt que Charly.

Dernière raison, on revient jeudi et je n’ai pas envi de me taper 25 h de route en 4 j.

Nous partons là-bas car nous avons rencontré Ibrahima au CVD.

C’est un Sénégalais qui a étudié aux Etats-Unis, enseigné à Dubaï, il prospecte de l’or désormais.

Nous avons discuté ensemble et il a adoré les bio-digesteurs, la « lluvia solida », et l’engrais aux algues des Canadiens.

Il nous a invité à passer 4 jours chez lui à Kédougou, voir itinéraire carte en cliquant sur la photo.

On est en train de rassembler nos affaires, parce que demain nous passons la journée avec Jean Pierre, alors JP pour ceux qui  suivent, il

Un cèpe géant sous Charly

habite sur l’île de N’gor, il est voisin de France Gall.

Lundi matin on s’occupe des billets pour le bus (pratiquement 700 km) et lundi ….

Mais je voulais quand même vous faire part de la visite du quartier de Guenaoraye que nous avons faite en compagnie d’un élu de la mairie de Hann (arrondissement de Dakar).

 

Hallucinant ! D’un autre âge !

– Lisez et regardez les photos –

Situation :

Le site est un espace d’environ 300 m de long, sur 200 de large, le long des voies de chemin de fer.

Aucune route d’accès, que des sentiers ou alors on passe par les rails, un canal putride ou tout le monde jette tout essaye de s’écouler au milieu du bidon ville pour se jeter sur la plage de Hann 400 m plus loin.

Le dernier train qui circule encore sur le Sénégal entre Dakar et Thiès, (c’est leur train de banlieue), traverse les séchoirs et étalages de poissons dans un fracas étourdissant et une poussière suffocante.

Le lieu a été investit par des dizaines de femmes pour fumer et sécher les produits que les mareyeurs et pécheurs ne peuvent pas vendre.

Avant elles étaient sur la plage pas loin de l’arrivée des pécheurs.

Mais depuis quelques années les  maisons et résidences ont poussé sur le rivage.

Tout ce monde gênait sans parler des odeurs, alors on a expulsé les femmes qui survivaient là.

Résultat, elles ont trouvé refuge, où personne ne voulait aller et où personne ne les dérangerait.

Autour de ces femmes se sont installés les sous traitants :

–       les porteurs qui amènent le poisson par charrettes en plein soleil (deuxième coup de chaud parce qu’il a déjà patienté pas mal de temps du côté de la plage).

–       Ceux qui traitent les déchets de poissons pour faire de l’engrais

–       Ceux qui alimentent les feux avec du bois, sciure, plastiques, papiers enfin tout ce qui brûle.

–       Les acheteurs et revendeurs de poissons.

Toutes les photos ici

Tous ces gens vivent là autour des séchoirs dans la fumée, la puanteur, les déchets, le bruit et la crasse.

Tout un quartier c’est organisé, peuplé essentiellement de Guinéens souvent sans papiers. On y trouve des petites épiceries et même un restaurant avec « baby-foot » pour les jeunes.

Il n’y a pas d’eau, pas d’électricité et l’hygiène est inexistante.

Pourtant ce seul endroit alimente 80% du marché du poisson séché Dakarois.

Nous avons fait tout le tour, avec notre ami afin de bien cerner la situation et comprendre le fonctionnement.

Les conditions sont atroces:

  • Les femmes font sécher le poisson au soleil sur des bâches, des cartons ou à même le sol.
  • Allument autour des feux, qui sont censés fumer le poisson
  • Et quand cela ne va pas assez vite, elles recouvrent les poissons de cendres.

Après elles lèvent des filets qu’elles vendent.

Le problème c’est que le site est complètement pollué et qu’elles fument le poisson avec ce qu’elles peuvent, y compris comme on l’a vu –  plastiques ou caoutchoucs – le bois, la sciure, ou les noix de coco se faisant rares.

Certain ont amélioré un peu le process et ont créé des séchoirs avec des barils de pétrole, qu’ils ont ouverts et taillés pour confectionner de grands four en hauteur où ils disposent le poisson au dessus du foyer, et n’utilisent que du bois et de la sciure d’après ce qu’ils nous ont dit.

C’est une grande avancée et bravo à eux.

Mais on pourrait aller beaucoup plus loin.

Comme je l’ai proposé à l’élu, même si la chose la plus importante est la relocalisation de ces gens, nous pourrions utiliser les 3 tonnes de déchets de poissons quotidien pour produire du bio gaz, sur des séchoirs en hauteur autour desquels on ferait bruler coco et sciure.

La mairie est sensible au problème et aux solutions, vont-ils nous demander de tenter l’expérience.

Nous le saurons bientôt,

MAIS LA SITUATION EST URGENTE – IL FAUT RÉAGIR

L’homme invisible

A plus tard.